Dans le cadre de la formation permanente, du 30 juin au 4 juillet 2025, la province France a proposé deux sessions de formation à la prière de l’oraison, cœur de notre vie intérieure. Parmi les différentes écoles d’oraison que nous lègue la Tradition de l’Église, celle des carmélitaines est certainement une des plus riches.
Le prieur des Carmes d’Avon assisté de deux femmes laïques de l’O.C.D.S (Ordre des Carmes Déchaux Séculier) sont venus partager leur spiritualité et leur amour de sainte Thérèse d’Ávila, de Saint-Jean de la croix et du Bienheureux Marie Eugène de l’Enfant Jésus, aux 40 frères venus des différents prieurés de la Corse jusqu’en Bretagne.

À la lumière de cette définition célèbre de l’oraison donnée par Ste Thérèse d’Ávila : « L’oraison n’est pas autre chose qu’une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec celui dont nous nous savons aimés » (Livre de la vie 8, 5), ils nous ont introduit aux grandes composantes des temps d’oraison. Pour grandir dans cette amitié et cette intimité avec le Christ, Sainte-Thérèse a eu ce génie de décrire les étapes de l’oraison à travers cette image du château composé de sept grandes demeures qui sont à comprendre, non pas comme un chemin linéaire d’une échelle à monter, mais plutôt comme une série de cercles concentriques. Toutes les demeures se tiennent en même temps porté par la dynamique d’un approfondissement continuel selon les événements personnels de chacun et ce que l’Esprit saint veut tisser dans le cœur de chacun. Telle est la véritable aventure de notre vie intérieure qui porte notre vie religieuse, communautaire et apostolique.
C’est en regardant les fruits de l’oraison, que nous ne pouvons qu’être stimulés à revenir sans cesse vers cette intimité avec le Christ qui seul peut nous conduire au Père dans la vie de l’Esprit Saint : connaissance et libération de soi ; quitter sa propre volonté ; se rendre disponible à Dieu en cherchant plus les dons de Dieu, mais Dieu lui-même ; on croit en la providence que Dieu s’occupe de nous ; goût à la Parole de Dieu et à l’Eucharistie, sentiments de sécurité, de paix et de joie intérieures ; qualité d’écoute et de force intérieure. Enfin, on voit tout avec les yeux de Dieu dans un regard d’amour.
Finalement, on atteint la maturité spirituelle quand on arrive à vivre cette interaction entre les temps d’oraison et que la journée devienne une vie d’oraison. Plus encore, quand on arrive à entrer dans ce double mouvement de l’amour uni dans le Christ qui nous conduit au Père et nous renvoie vers les hommes, nos prochains qui deviennent nos frères. Loin de nous remplir sur nous même, l’oraison nous propulse dans le mystère de la charité que nous vivrons éternellement au Ciel, commencé dés cette terre.
Père Geoffroy Marie

